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L’amitié, tu sais, c’est comme une écharpe très douce dans laquelle on s’enroule. -Karine Lambert

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 Orzaal 2015

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MessageSujet: Orzaal 2015   Mer 3 Déc 2014 - 10:39

Chapitre 1 : Amy

Amalia Wiccardomma ferma à double tour la porte de son appartement, et poussa un long soupir. Elle se délesta de sa sacoche, de ses chaussures et de ses bas, et se laissa chuter lourdement dans le canapé de son petit salon. Quelle journée!

Rien de ce qu'elle avait appris en fac de psycho n'aurait pu la préparer à la vie carcérale. Plus elle tentait de comprendre les détenus, et plus elle les trouvait effrayants. Au départ, elle avait pensé que ce serait une bonne idée... Où avait on plus besoin d'une psychologue que dans une prison? Mais le poids de leur confessions... C'était juste trop lourd pour elle. Elle aurait dû faire comme Eliott, et devenir conseillère conjuguale! Et puis, il y avait ces regards que certains lui lançaient... De la haine parfois, pure, aveugle, froide. Parfois aussi, des regards trainants, vicieux et lubriques, qui lui glaçaient les sang. D'autres encore emplis d'indifférence et d'ennui. Mais le pire, pensait-elle, c'étaient ceux qui évitaient son regard. Certains avaient sur le visage une telle expression de terreur... Comme si elle avait été un fantome, un monstre... Comme si ils la reconnaissaient...

Elle chassa ces pensées d'un geste de la main. Elle avait besoin d'un bain. Et d'une tisane. Elle laissa couler l'eau chaude et prépara une infusion en caressant son chat, une aimable boule de poils grise qu'elle avait appelé Tophore. Elle se sentait rassurée par la présence de l'animal, comme si il avait été un gardien miniature, qui la protégeait elle et sa maison. Puis, elle s'installa dans la baignoire et, emportée par l'odeur enivrante des sels de bain, elle s'assoupit un moment.

***

Amy s'éveilla, et sortit du bain. Elle se sècha soigneusement le corps et les cheveux en jetant un coup d'oeil à la pendule. 18h53 seulement. Elle avait dû revenir du boulot plus tôt que d'habitude. Elle dédaigna les vêtement soigneusement pliés dans la salle de bain ("Une robe à fleurs? Et puis quoi encore?!") et enfila un vieux jean et un t-shirt à la place. Sept heures moins dix? Elle avait le temps! Elle décida de se faire un petit casse croute et de le déguster devant la télé. Dans la cuisine, elle trouva une tisane encore tiède, qu'elle jeta dans l'évier ("Va me falloire plus fort si je veux tenir la nuit...") et Tophore, assis sur le comptoir. Le chat feula, et s'enfuit à son approche. Sale bête. Elle n'avait jamais pu le sacquer.

A sept heure et quart, elle décida qu'il était temps de se mettre au travail. Elle sortit donc de chez elle, et passa dans l'appartement d'à côté. C'était une vielle dame qui habitait là. Elle n'avait ni famille proche, ni véritables amis pour prendre des nouvelles. Elle avait toujours été très gentille avec Amalia... Enfin, avant qu'elle ne meure bien sûr, et cela faisait déjà un moment. Mais cela, personne n'en était au courant. Amy se chargeait elle même de payer les factures pour la vieille, et venait assez souvent dans l'appart pour que les gens croient qu'elle y vivait encore.

Amy était aussi la seule (avec peut être les bonnes soeurs de l'orphelinat où elle avait grandi) à connaitre un autre secret : elle souffrait d'un dédoublement de personnalité. Chaque soir, quand Amalia s'endormait, Amy prenait sa place. Et quand Amy se couchait, c'est Amalia qui se levait le lendemain matin. Amy l'avait compris très vite et, pour sa survie, avait fait de son mieux pour cacher son existence à son alter ego psychologue. Elle avait fait tant et si bien qu'elle avait fini par convaincre Amalia (et les médecins par la suite) qu'elle était narcoleptique, et avait obtenu des horaires de travail arrangés. Le matin, elles dormaient toutes les deux, et Amalia pouvait bien faire ce qu'elle voulait de ses après midi. Mais la nuit... La nuit appartenait à Amy.

L'appartement de feu sa voisine contenait tout ce qu'Amy possédait. Vêtements, souvenirs, outils, matériel médical, armes.... Elle se changea à nouveau pour une paire de bottes et une combinaison de moto. Des gants aussi, bien sûr, avant de mettre tout le matériel dont elle avait besoin dans un sac à dos. En descendant vers le garage, elle songea qu'elle aimait son job. Foncièrement. C'était dangereux, éreintant, difficile, mais l'adrénaline qu'il lui procurait valaient toutes les paies du monde. Et parlant de salaire justement, comme pour tous ceux qui travaillaient en dehors de la loi, le sien était suffisamment généreux pour lui permettre une vie confortable.

Une fois en bas, elle enfourcha la Yamaha noire qui l'attendait patiemment chaque soir, et démarra, se délectant du ronronnement sourd et puissant du moteur. Comme chaque soir, elle vérifia une dernière fois son contrat avant de partir. Ses employeurs, cachés dans l'anonymat, la payaient (grassement de surcroit) pour qu'elle... "récupère" des informations sensibles dans les bases de données d'une startup qui commençait à leur faire de l'ombre. Orzaal Corporation... Elle abaissa la visière de son casque. Elle allait bien s'amuser!

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MessageSujet: Re: Orzaal 2015   Lun 8 Juin 2015 - 3:16

Chapitre 2 : Orzaal, Première Partie

"P...Pardon?

L'homme en costume gris semblait décontenancé, alors que sa diatribe venait d'être interrompue avant même son véritable commencement. Le responsable se tenait à l'autre extrémité de la longue table du conseil d'administration, assis nonchalamment. Son visage carré affichait un demi sourire confiant particulièrement exaspérant. Il contrastait en tout avec les autres membres du conseil : par sa chevelure, longue, épaisse et bouclé, sur laquelle les rayons du soleil couchant jetait des reflets bruns et ambrés ; par sa taille, dépassant tout le monde d'au moins une tête ; et par son accoutrement, informel au possible (qui venait à un conseil d'administration en baskets et en jean?). Il était flanqué, comme à son habitude, de son assistante blonde, plantée comme un piquet à ses côtés. Elle avait toujours un dossier ou deux sous le bras, et arborait un air sévère avec les membres du conseil.

-Convié, répéta le grand brun, toujours à demi souriant. Vous avez dit "Nous vous avons convoqué aujourd'hui." Vous ne m'avez pas convoqué. Vous m'avez convié. Personne ne me convoque.

La remarque avait été dite sur un ton badin, détendu, mais jeta un froid terrible sur l'assemblée. Mr-costume-gris déglutit, et repris, avec beaucoup moins d'assurance :

-Je vous ai.... Convié.... Pour que nous discutions des finances de cet entreprise, que visiblement vous prenez totalement à la légère.

Il s'attendait à une réaction, mais elle ne vint pas. Le brun se contenta de se renfrogner un peu. Un de ses sourcils se souleva.

-Les chiffres parlent d'eux même : sur huit millions de bénéfices cette année dans notre secteur biotechnologies, vous en avez investi deux dans des banques ADN, qui n'ont rapporté que 10% de leur valeur, donné un et demi à une institution caritative, et dilapidé quatre dans des projets de recherche et développement. En tout, comptant nos charges et la création de ces... Merveilleux locaux, cela nous laisse avec un bénéfice net de 361 233€, soit 20% seulement du chiffre d'affaire de l'an dernier. La valeur de nos actions décroit en flèche et Dieu sait quand elle remontera - SI elle remonte un jour....

Costume-Gris fit  une pause, pour reprendre son souffle, et boire une gorgée dans son verre d'eau.

-C'est tout? demanda le grand brun, profitant de l'interruption.

-Non ce n'est pas fini, continua l'autre. Il nous reste encore à voir le problème de...

-C'était une question rhétorique, Ludlow, répliqua le grand brun sur un ton sec. Elle n'appelait pas de réponse.

Le silence se fit à nouveau, alors que le grand brun se levait.

-Et maintenant une vraie question pour vous, dit il en rajustant sa chemise. Qu'est ce qui est écrit au dessus de la porte de cet immeuble?

Ludlow resta sans voix, ne sachant que répondre.

-Allons, ce n'est pas compliqué! C'est écrit en grandes lettres dorées.

-O...Orzaal Corporations? risqua Ludlow.

Le grand brun mima un air de fausse surprise.

-Mais....Mais c'est mon nom! Ergaïl d'Orzaal! Quelle incroyable coïncidence!!

La blonde a l'air sévère laissa échapper un discret gloussement. Le ton d'Ergaïl se refit dur, son visage s'était fermé.

-Et vous voulez savoir pourquoi mon nom est sur le porche de l'entreprise Ludlow? Ne répondez pas, c'est une question rhétorique! Je vais vous dire pourquoi : parce qu'elle m'appartient. Je l'aie créée. Je l'aie bâtie, à la sueur de mon front. Soyons honnêtes Ludlow, je ne vous aime pas. Ni vous, ni le reste de votre bande de vautours. Vous venez ici, ne pensant qu'à empocher vos dividendes, prétendant à un pouvoir, prétendant avec tous vos chiffres pouvoir diriger mon entreprise. Mais que savez vous de ses motivations? De son but? Vous aimez les chiffres? En voici un : 51. C'est le pourcentage de cette entreprise que je possède. Un autre : 39. C'est le pourcentage que vous possédez à vous cinq. Alors au final, je m'en moque bien de ce que vous pouvez pensez. Je suis toujours le capitaine.

Alors rassurez vous messieurs : vous aurez votre retour sur investissement. Plus gros que tout ce que vous auriez pu imaginer. Mais en attendant, je vous demande de conserver en vous l'idée que vous avez eu en achetant des actions de mon entreprise : je crois en ce type pour me faire gagner de l'argent. Continuez de croire en moi. Je prépare un projet qui révolutionnera littéralement notre économie.

Oh! Et une dernière chose. A moins que vous n'ayez vraiment une bonne idée à me soumettre pour le bien de l'entreprise, et non de vos portefeuilles, je ne veux plus jamais entendre parler de ces clowneries de "Conseil d'Administration". Allez, sortez maintenant. Sortez!

Un à un, tous les investisseurs prirent la porte en jetant des regards noirs à Ergaïl, qui ne se séparait pas de son expression de colère froide. Quand ils furent tous sortis, il jeta un regard vers son assistante. Ils restèrent silencieux quelques secondes.... Puis éclatèrent de rire. Un rire franc et violent qui les tint pliés pendant plus d'une minute.

-Tu as vu? Tu as vu comment je les ai soufflés!? demandait Ergaïl entre deux soubresauts hilares.

-C'est le truc le plus beau que j'aie jamais vu! lui répondait sa comparse.

Quand ils se furent un peu calmé, la blonde s'affala sur un des fauteuils et poussa un long soupir.

-Il n'empêche, dit elle, ils n'ont pas tout à fait tort. Tu as parfois la main un peu lourde sur les finances. Et puis, tu ne m'as toujours rien dit de ce projet sur lequel tu investis tant.

Ergaïl lui fit un clin d’œil, accompagné d'un sourire complice.

-Je ne vais rien te dire : je vais te le monter!

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MessageSujet: Re: Orzaal 2015   Mar 9 Juin 2015 - 3:15

Chapitre 2 : Orzaal Deuxième Partie

Ergaïl d'Orzaal, PDG et actionnaire majoritaire de Orzaal Corporation, guidait une jeune femme à travers les locaux flambants neufs de son entreprise. Elle s'appelait Lucyll, Lucyll Freespirit. Et ses petites jambes avaient du mal à tenir la cadence imposée par le géant qui la précédait.

Elle avait les cheveux blonds et bouclé, une silhouette que beaucoup auraient qualifié de chétive, et un air sérieux qui ne quittait jamais son visage. Elle avait rencontré Ergaïl d'Orzaal environ trois ans auparavant, au cours d'un séminaire sur la création d'entreprises. Beaucoup pensaient que Lucyll était l'assistante du PDG, mais en vérité, elle était plutôt son associée. Cachée derrière la figure médiatique d'Ergaïl, elle contrebalançait son caractère impulsif et risk lover par un peu plus de ... subtilité féminine!

Pour tout dire, cela faisait un moment qu'Ergaïl et elle n'étaient plus seulement des associés. Leurs opinions similaires, tant sur des questions morales que professionnelles, ou même tout simplement de goût, en avaient vite fais de vrais amis. Il était aussi l'une des seules personnes... LA seule personne qui arrivait à lui arracher un sourire, voire même parfois un éclat de rire. Et pour ça plus que tout, Lucyll l'appréciait énormément.

Les deux entrepreneurs parcoururent le dédale de corridors jusqu'à un ascenseur, et descendirent jusqu'au souterrain le plus profond de l'établissement. L’ascenseur ne débouchait pas sur un long couloir, mais directement sur une porte, dont le niveau de sécurité impressionna fortement Lucyll.

La pièce de l'autre côté était grande et mal éclairée, à la façon d'un hangar ou d'un entrepôt. Le sol était jonché de débris, de pièces métalliques en tous genres, et de mégots de cigarettes. Une odeur forte de fumée régnait, mêlée à celle du cambouis. On pouvait sentir une certaine électricité dans la pièce, à la façon qu'avaient les cheveux de se dresser presque imperceptiblement. Sur la droite de la porte était placé un grand bureau, couvert du plus indescriptible des capharnaüms : notes éparses, schémas indéchiffrables, outils, mécanismes à demi construits... La pièce contenait aussi plusieurs plus gros objets, qu'Ergaïl désigna comme des "projets secondaires", de larges machines couvertes de pistons, un véhicule blindé, plusieurs containers remplis de liquide, et une construction en particulier qui attirait l'attention, de par une large zone autour d'elle vide de débris ou d'autres prototypes, et par les spots puissants qui l'éclairaient en contre plongée.

Elle était composée de deux pylônes hauts de quelques cinq mètres et séparés par autant. Chacun était surmonté d'un disque chromé portant de petits cylindres lumineux sur sa périphérie. De leurs bases rayonnaient d'innombrables câbles et tuyaux, comme une gigantesque toile d'araignée mécanique. Le premier tiers du pylône était une sorte de conteneur cylindrique duquel émanait un léger bourdonnement, comme celui d'un réfrigérateur. Le second comprenait un support central, entouré de trois larges tuyaux transparents à l'intérieur desquels s'écoulait un liquide rougeâtre. Enfin, le troisième tiers de l'improbable machine était entouré d'une série de six anneaux cuivrés.

Ergaïl s'arrêta entre les deux pylônes. Un air satisfait sur le visage, il étendit les bras, comme pour monter les alentours. Il semblait rayonner de fierté.

"Alors? demanda-t-il. Qu'est ce que tu en penses?

-J'en pense, répondit une Lucyll sceptique, que ça ressemble à deux pylônes hauts de cinq mètres et séparés par autant, surmontés de disques chromés.


-Arrête de dire des bêtises! Viens là, tu vas comprendre.

Il lui fit signe de se placer comme lui entre les pylônes, et s'en fut chercher quelque chose au niveau du bureau. Lucyll était un peu anxieuse de savoir quel pouvait bien être l'utilité de cet étrange dispositif. Mais elle avait confiance en Ergaïl. Il avait l'air excité comme un enfant, et cela ne pouvait vouloir dire que de bonnes choses. Celui ci revint avec deux objets dans les mains : un petit boîtier couvert de boutons qu'elle présuma être une télécommande, et un parapluie, qu'il s'empressa d'ouvrir.

-Ça porte malheur, fit remarquer Lucyll, plus par habitude que par conviction.

Ergaïl ignora la remarque, et vint se placer tout contre son associée, pour qu'ils soient tous deux sous le parapluie. La jeune femme ne put s'empêcher de sentir son cœur battre un peu plus vite. Elle leva les yeux vers Ergaïl, dont le regard était déjà planté dans le sien.

-Tu es prête? demanda-t-il.

Elle acquiesca, et le grand brun appuya sur l'un des boutons de la télécommande.

D'abord, il ne se passa rien. L'engin se contenta de ronronner plus fort. Puis, graduellement, Lucyll commença à se sentir oppressée. Comme écrasée. Comme si l'air devenait plus épais, plus visqueux. Elle avait un peu de mal à respirer. La sensation finit par devenir presque insoutenable, puis soudain, disparût. Au contraire d'ailleurs, Lucyll se sentait légère, comme si tout était tiré vers le haut. Une première décharge d'électricité statique traversa l'air ambiant et l'échine des deux témoins. Sous leurs yeux, de fines volutes de fumée se formaient au niveau du sol et montaient en spires serrées vers le plafond, comme aspirées par une force invisible. Lucyll poussa le parapluie. Elle devait le voir. Elle ne pouvait pas le croire.

Un nuage.

La machine venait de créer un petit nuage noir, qui grossissait à mesure que les volutes montaient vers lui et s'y incorporaient. Une seconde décharge d'électricité surprit la jeune femme, et toute la fumée au sol se dissipa. Elle sentit une goutte tomber sur son nez, puis une autre. Elle partit à rire aux éclats : il pleuvait dans l'entrepôt.

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MessageSujet: Re: Orzaal 2015   Lun 22 Juin 2015 - 23:43

Chapitre 2 : Orzaal Troisième Partie

"Et il est resté combien de temps là dedans? demanda Lucyll en sortant de l’ascenseur.

-Eh bien.... Un certain temps! lui répondit Ergaïl avec un sourire gêné.

-Il faudra que tu me le présente...

Ils étaient de retour dans les étages supérieurs de Orzaal Corporation. Il commençait à se faire tard, et la douce agitation de ceux qui se pressent de finir leurs dernières tâches avant de rentrer à la maison régnait autour d'eux. Ergaïl avait été plus qu'explicite dans les sous sols : le projet était un secret absolu. Si quelqu'un venait à s'en emparer, les intérêts économiques de la société étaient menacés au plus haut niveau. Mais pas seulement. Qui sait à quoi pourrait servir un dispositif capable de contrôler la météo entre des mains malfaisantes...

-Mais c'est prévu chère Lucyll, lui rétorqua le grand brun. Et pas plus tard que... Ce soir!

-Comment ça ce soir?

Ergaïl arborait son sourire le plus confiant, et c'est avec une éloquence toute théâtrale qu'il déclara :

-Mademoiselle Lucyll Freespirit, j'ai l'immense plaisir de vous convier à un dîner, ce soir même, au restaurant le Cinq, à 21h30, en compagnie de notre éminent professeur et de votre serviteur!

Lucyll sentit le rouge lui monter aux joues. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il l'invite à dîner à ce moment précis. Enfin.... Non! Ce n'est pas comme si elle s'attendait à ce qu'il l'invite où que ce soit de toute manière!!

-Qu... QUOI?! Mais...Mais c'est impossible! Tu ne me préviens que deux heures à l'avance?

A cela succéda une série d'invectives, à laquelle Ergaïl ne put opposer qu'un pathétique "Mais c'était une surprise!" d'une voix suraiguë.
Quand ils eurent tous deux retrouvé leurs contenances, Ergaïl se racla la gorge et ajouta, tout en se dirigeant vers son bureau :

-Enfin bref, si tu veux être à l'heure, il vaut mieux partir te changer maintenant. Et pas de tailleur hein! Interdit! Et pas de boulot non plus! Je t'ai à l’œil! A tout à l'heure!

Il laissa Lucyll seule, avec pour seul choix d'effectivement retourner chez elle se préparer. Elle ne prêta que peu d'attention à tous les employés sur le départ autour d'elle. Elle était trop absorbée dans se pensées pour cela. En fait, elle en voulait un peu à Ergaïl. C'était la première fois qu'il l'invitait à dîner. Elle aurait préféré que ce ne soit pas pour rencontrer une espèce de....de scientifique... d'excentrique plutôt! Non... Elle était injuste. Ce n'était pas la faute de l'inventeur.
Elle ne fit pas plus attention à Sam, la stagiaire, qui la gratifiait toujours d'un large sourire, ni à André, le réceptionniste et agent de sécurité, qui lui adressa un "Bonsoir Mademoiselle!" retentissant. Peut être était-ce sa faute à elle? Etait-elle trop... subtile? Trop discrète dans les signaux qu'elle envoyait? Ou bien était-ce Ergaïl qui était incapable de comprendre ce qu'elle attendait de lui? Elle ne pouvait pas l'en blâmer. Elle même n'était pas tout à fait sûre de ce qu'elle attendait...
Encore moins remarqua-t-elle la jeune livreuse aux cheveux noirs qui lui tint la porte à la sortie. Son choix était fait. Ce soir, scientifique ou pas, c'est elle qui ferait le premier pas. Elle avait assez attendu. Elle s'amusa du rapprochement que son esprit fit aussitôt avec un processus de type OPA hostile, et termina  son chemin optimiste.


* * *

André, lui, remarqua très bien la livreuse. Elle portait un colis de la taille d'un gros livre dans les bras, et une sacoche à l'épaule. Ses cheveux attachés en un chignon grossier, sa démarche hésitante et ses épaisses lunettes lui donnaient un air timide et maladroit qu'André trouvait assez mignon chez une fille. Elle disait qu'elle devait remettre son paquet en main propre à Mr d'Orzaal, et lui demanda où étaient les ascenseurs et comment accéder à son bureau. Il passa le colis au détecteur de métaux ("Simple précaution, juste une formalité je vous assure") et ils discutèrent ensemble deux ou trois minutes. Maladroite elle était effectivement, et elle avait fait tomber un porte cartes en posant son colis sur le bureau, qu'André avait toutes dû ramasser. Elle avait semblé impressionnée par son métier ("V-vraiment? Agent de sécurité? Ce n'est pas un peu.... Dangereux?") Puis elle s'excusa et prit congé. André la regarda partir vers les ascenseurs, percuter l'agent d'entretien, et reprendre son chemin après un florilèges de pardons. Il se dit que c'était bien le genre de fille qu'il inviterait à boire un verre.


* * *


Une fois dans l’ascenseur, Amy sortit son calepin et nota toutes les informations que ce crétin de l'accueil lui avait donné : le chemin vers le bureau du patron, le nombre de gardes, la durée des rondes... Il lui avait même montré son moniteur avec les différentes caméras de surveillance du bâtiment, l'idiot! Mais ça, ça ne lui servirais pas. Pendant qu'il était occupé avec le détecteur de métaux, elle avait pu connecter une clef USB à son ordinateur. Le programme qu'elle contenait et qui s'exécutait automatiquement mettait deux minutes et trente cinq secondes à s'installer, et créait ensuite des boucles d'images qui se surimposaient sur les écrans de surveillance. Elle n'avait eu qu'à l'occuper un peu en rassemblant des informations, puis  à faire diversion avec le porte-cartes pour récupérer la clef. Cerise sur le gâteau, elle avait même réussi à subtiliser son pass électronique au technicien de surface qu'elle avait "accidentellement" percuté. Le coup de la maladroite marchait bien, il faudrait qu'elle le réutilise! En tout cas, voilà une mission qui commençait à merveille....


* * *


"PU**** DE ME*** DE BO**** DE CO******!!!!!!!"

Aurait hurlé Amy si son principal souci n'était pas la discrétion. Elle avait atteint le troisième sous-sol, neutralisé l'unique garde, et outrepassé tous les verrous de la porte qui lui faisait face sans peine. Tous.... Sauf un. De toutes les sécurités qui auraient pû être présentes, les systèmes à empreintes biométriques étaient les seuls qu'Amy ne savait pas contourner. Elle bouilla intérieurement une minute, puis se raisonna, et considéra ses options. Elle connaissait au moins une personne qui pouvait ouvrir cette porte. Il n'y avait plus qu'à obtenir ses empreintes....

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MessageSujet: Re: Orzaal 2015   Dim 14 Fév 2016 - 5:17

Soooooooon.....

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